Alors que l’Union européenne s’apprête à conclure l’accord commercial avec le Mercosur, un message clair s’impose en France. Les grandes enseignes de distribution refusent d’intégrer dans leurs rayons les viandes et volailles issues de ce traité. Elles invoquent la protection des filières nationales et le respect des normes françaises.
Cette position commune intervient dans un contexte de forte tension agricole et de débat politique accru.
Un refus assumé des enseignes françaises
Le feu vert donné par l’Union européenne à l’accord avec le Mercosur n’a pas fait évoluer la stratégie des distributeurs français. Les principaux groupes affirment qu’ils n’achèteront pas ces produits importés. Leur ligne reste inchangée. Ils privilégient les filières nationales et les partenariats de long terme avec les éleveurs français.
Invité sur France 2, Thierry Cotillard, président du groupement Les Mousquetaires, a tenu un discours ferme. Selon lui, ni le poulet ni les viandes issues du Mercosur n’entreront dans les magasins Intermarché ou Netto. Il affirme également que Carrefour, Système U et Leclerc partagent cette position.
Carrefour met en avant l’origine française
Du côté de Carrefour, le discours se veut rassurant. Sur BFMTV, son PDG Alexandre Bompard a expliqué que l’impact du traité resterait limité. Le groupe s’approvisionne presque exclusivement en produits français.
Il précise que la totalité de la volaille est française. Le boeuf l’est à près de 97 pour cent. Le porc atteint 100 pour cent. Selon lui, cette stratégie ne changera pas. Toutefois, il appelle à renforcer les clauses de réciprocité et de sauvegarde afin de garantir une concurrence équitable.
Coopérative U invoque les normes de production
La Coopérative U adopte la même ligne. Sur TF1, son président Dominique Schelcher a rappelé un principe central. Il refuse toute importation de produits issus de conditions de production inférieures aux exigences françaises.
Il nuance toutefois ce refus. Lorsque l’offre nationale ne suffit pas, certaines importations restent nécessaires. C’est le cas pour des fruits comme les mangues ou les avocats. Ces produits répondent à une demande constante des consommateurs tout au long de l’année.
Leclerc ferme aussi la porte aux importations de viande
Chez E.Leclerc, la position reste cohérente. Son dirigeant Michel Édouard Leclerc a déclaré que l’enseigne ne deviendra pas importatrice de viande ou de volaille issues du Mercosur.
Il insiste sur le respect strict des règles sanitaires et environnementales. Selon lui, ces conditions priment sur toute opportunité commerciale.
Une inquiétude persistante du côté des agriculteurs
Malgré ces engagements, les syndicats agricoles demeurent vigilants. Ils redoutent des importations indirectes via les industriels de l’agroalimentaire. Cette crainte alimente la mobilisation dans plusieurs régions. Les producteurs demandent des garanties claires et des contrôles renforcés sur l’ensemble de la chaîne.
Par ailleurs, la Commission européenne met en avant les bénéfices macroéconomiques du traité. Elle souligne l’ouverture de nouveaux marchés pour les exportations européennes. Cependant, en France, la priorité affichée reste la souveraineté alimentaire et la défense des standards de production.
La grande distribution française affiche une unité rare face à l’accord avec le Mercosur. Les enseignes refusent d’importer viandes et volailles sud-américaines. Elles privilégient l’origine française et la qualité des produits. Toutefois, le débat reste ouvert.
Les décisions des industriels et les futures clauses européennes pèseront sur l’application concrète de cet accord.
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