L’année 2025 confirme une tendance contrastée en matière d’immigration en France. Le nombre de premiers titres de séjour délivrés progresse nettement. En revanche, les régularisations diminuent de façon marquée.
Cette évolution reflète un durcissement assumé de la politique migratoire, porté notamment par de nouvelles orientations administratives.
Une hausse nette des premiers titres de séjour
La France a délivré 384 230 premiers titres de séjour en 2025. Ce chiffre représente une hausse de 11,2 pour cent sur un an. Les titres accordés aux étudiants arrivent largement en tête avec environ 118 000 délivrances. Cette dynamique confirme l’attractivité universitaire du pays.
Par ailleurs, les titres délivrés pour des motifs humanitaires progressent fortement. Ils atteignent près de 92 600, soit une augmentation de 65 pour cent. Cette hausse s’explique en grande partie par les conséquences de crises internationales récentes.
Le recul marqué des régularisations
À l’inverse, le nombre de régularisations diminue nettement. En 2025, 28 610 personnes ont été régularisées, soit une baisse de 10,1 pour cent. Le recul concerne aussi bien les régularisations pour motifs économiques que celles liées à la vie familiale.
Cette évolution s’explique par l’entrée en vigueur de la circulaire dite Retailleau, publiée en janvier 2025. Ce texte rappelle le caractère exceptionnel de la régularisation et en durcit les conditions. L’administration applique désormais des critères plus stricts lors de l’examen des dossiers.
Les titres économiques en repli
Les titres délivrés pour motifs économiques reculent de 13 pour cent sur un an. Environ 51 190 titres ont été accordés dans ce cadre. La baisse touche surtout les salariés et les travailleurs saisonniers. Ces derniers enregistrent un recul proche de 30 pour cent.
Cette tendance reflète un contrôle renforcé de l’immigration de travail. Elle s’inscrit aussi dans un contexte économique plus incertain et dans une volonté politique de mieux encadrer ces flux.
Des interpellations et éloignements en hausse
Dans le même temps, les interpellations d’étrangers en situation irrégulière progressent fortement. Elles augmentent de 30 pour cent sur un an. Les hausses les plus marquées concernent les ressortissants algériens, tunisiens et marocains.
Les éloignements suivent la même dynamique. Près de 24 985 personnes ont été renvoyées en 2025, soit une hausse de 15,7 pour cent. Les éloignements forcés augmentent encore davantage et atteignent plus de 15 500 cas.
Une baisse continue des demandes d’asile
Les demandes d’asile reculent pour la deuxième année consécutive. En 2025, 151 665 demandes ont été enregistrées, soit une baisse de 3,7 pour cent. Les principaux pays d’origine restent l’Ukraine, la République démocratique du Congo et l’Afghanistan.
Le taux d’accord progresse cependant nettement. Il atteint 52 pour cent, contre environ 40 pour cent cinq à six ans plus tôt. Cette évolution traduit une reconnaissance plus fréquente du besoin de protection pour certains profils.
Moins d’acquisitions de la nationalité française
Enfin, les acquisitions de nationalité française diminuent. En 2025, 62 235 personnes sont devenues françaises, soit une baisse de 6,8 pour cent. Les acquisitions par décret reculent fortement.
Cette baisse s’inscrit dans le prolongement d’une circulaire publiée au printemps, qui a durci les conditions d’accès à la nationalité. Les exigences en matière d’intégration et de parcours administratif sont désormais renforcées.
L’année 2025 illustre une politique migratoire à deux vitesses. La France continue d’accueillir davantage d’étudiants et de profils humanitaires. En parallèle, elle réduit les régularisations et renforce les contrôles.
Cette orientation marque un tournant plus restrictif, tout en maintenant certains canaux d’immigration jugés prioritaires.
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