À Atlanta, une décision judiciaire a bouleversé la vie d’un jeune père. Après le décès tragique de la mère de son enfant, déclaré en état de mort cérébrale, Adrian Harden a dû engager une bataille juridique pour obtenir la garde de son propre fils.
Cette affaire met en lumière une réalité peu connue. En Géorgie, un père non marié ne dispose pas automatiquement de droits parentaux, même lorsque la filiation biologique est établie.
Voici les faits et les enjeux juridiques de ce dossier.
Une urgence médicale dramatique
Tout commence lorsque Adriana Smith, infirmière de 30 ans enceinte de neuf semaines, souffre de violents maux de tête. Son compagnon, Adrian Harden, l’emmène à l’hôpital Northside à Atlanta. Les médecins lui prescrivent un traitement puis la laissent rentrer chez elle.
Cependant, le lendemain matin, son état se dégrade brutalement. Harden la transporte d’urgence à l’hôpital universitaire Emory. Les examens révèlent plusieurs caillots sanguins au niveau du cerveau.
Le 19 février 2025, les médecins déclarent Adriana Smith en état de mort cérébrale. Ils la maintiennent sous assistance respiratoire afin de poursuivre la grossesse.
Une naissance prématurée dans un contexte exceptionnel
Le 13 juin 2025, les médecins pratiquent une césarienne en urgence. L’enfant, prénommé Chance, naît très grand prématuré. Il pèse environ 820 grammes.
Quatre jours plus tard, les médecins arrêtent l’assistance respiratoire. Adriana Smith décède.
Selon les Centers for Disease Control and Prevention, les naissances très prématurées comportent des risques importants pour la santé du nouveau-né. Elles nécessitent souvent une prise en charge prolongée en unité de soins intensifs néonatals.
Dans ce contexte déjà douloureux, Adrian Harden découvre une autre difficulté inattendue.
Un vide juridique pour les pères non mariés
Malgré un test ADN confirmant la paternité, Harden apprend qu’il ne possède aucun droit parental automatique. En Géorgie, la loi attribue par défaut la garde légale exclusive à la mère lorsqu’un enfant naît hors mariage.
Selon le Code de la Géorgie, un père non marié doit engager une procédure judiciaire pour faire reconnaître ses droits parentaux. Sans décision de justice, l’enfant peut être considéré comme juridiquement sans représentant légal après le décès de la mère.
Dans cette affaire, les avocats expliquent que l’enfant aurait pu être confié au Département des services à la famille et à l’enfance en l’absence d’ordonnance judiciaire.
Des organisations comme l’American Bar Association soulignent régulièrement que les lois sur la filiation varient fortement selon les États américains, notamment pour les parents non mariés.
Une procédure d’urgence pour établir la paternité
Le 8 août 2025, les avocats de Harden déposent une requête d’urgence devant la Cour supérieure du comté de DeKalb. Ils demandent la reconnaissance officielle de la paternité ainsi que la garde exclusive.
Le 3 septembre 2025, le tribunal rend une ordonnance provisoire. Elle accorde au père la garde exclusive, légale et physique de son fils. L’enfant peut alors rejoindre son domicile.
Le 2 décembre 2025, la juge Latisha Dear Jackson confirme cette décision par une ordonnance définitive.
Cette décision marque un tournant. Elle sécurise la situation juridique de l’enfant et de son père.
Un témoignage pour faire évoluer la loi
Adrian Harden déclare qu’il chérit chaque instant passé avec son fils. Il affirme voir en lui l’énergie et la personnalité de sa mère.
Aujourd’hui, il choisit de s’exprimer publiquement. Il souhaite attirer l’attention sur la situation des pères non mariés en Géorgie.
Selon plusieurs experts en droit de la famille, ce type de cas relance le débat sur l’égalité des droits parentaux. Certains estiment qu’une réforme pourrait simplifier la reconnaissance automatique de la paternité lorsque la filiation biologique ne fait aucun doute.
Cette affaire illustre à la fois un drame familial et une faille juridique. Un père biologique a dû saisir la justice pour obtenir la garde de son propre enfant après le décès de la mère.
Au-delà de l’émotion, cette décision pose une question essentielle. Les lois actuelles protègent elles suffisamment les droits parentaux des pères non mariés en situation d’urgence.
Pour Adrian Harden, la priorité reste simple. Protéger son fils et honorer la mémoire de sa mère.
LIRE AUSSI : La paternité solo : ces hommes qui font un enfant seuls
LIRE AUSSI : Phillip Herron : la fin tragique d’un père célibataire