La réaction d’Emmanuel Macron à la chute du pouvoir vénézuélien a provoqué une vive polémique en France.
À gauche comme à l’extrême gauche, de nombreuses voix dénoncent une prise de position jugée complaisante envers les États-Unis. Le débat porte sur le respect du droit international et sur la tradition diplomatique française.
La déclaration présidentielle au cœur de la controverse
Emmanuel Macron a réagi publiquement à l’éviction de Nicolás Maduro. Il a salué la fin de ce qu’il qualifie de dictature et affirmé que le peuple vénézuélien pouvait s’en réjouir. Le chef de l’État a insisté sur les atteintes aux libertés commises par l’ancien président.
Cependant, il n’a pas condamné explicitement l’opération militaire menée par les États-Unis à Caracas. Cette absence de critique a immédiatement suscité des réactions indignées dans l’opposition de gauche.
Une gauche unie dans l’indignation
Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une position contraire à la voix traditionnelle de la France. Il estime que le président abandonne le droit international et parle d’un jour sombre pour le pays. Son proche allié Manuel Bompard a accusé la France de féliciter un coup de force américain.
Du côté du Parti socialiste, la critique est tout aussi ferme. Olivier Faure rappelle que la France n’est pas un État vassal de Washington. Patrick Kanner évoque une atteinte grave à l’histoire diplomatique nationale. Pour Fabien Roussel, la France se trouve rabaissée à un rang indigne sur la scène internationale.
Mobilisation et protestations dans la rue
La contestation ne s’est pas limitée aux déclarations politiques. À Paris, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées place de la République. Certaines brandissaient des drapeaux vénézuéliens. L’appel émanait notamment de La France insoumise et du Parti communiste.
Jean Luc Mélenchon était présent. Il a réclamé la libération immédiate de Nicolás Maduro et son retour au Venezuela. Cette mobilisation illustre la profondeur du malaise provoqué par la position présidentielle.
Une diplomatie française à deux voix
Le contraste est apparu au sein même de l’exécutif. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a rappelé que l’opération américaine contrevenait au droit international. Il a souligné qu’aucune solution politique durable ne peut être imposée de l’extérieur.
De son côté, Emmanuel Macron a préféré insister sur l’avenir. Il appelle à une transition pacifique et démocratique. Il soutient une prise de relais rapide par Edmundo González Urrutia, figure de l’opposition vénézuélienne.
Les enjeux internationaux de la transition
Le président français a échangé avec plusieurs dirigeants étrangers. Parmi eux figurent Donald Trump, Javier Milei et Lula. Les États-Unis affirment vouloir superviser la transition jusqu’à un retour à la stabilité politique.
Pour l’Élysée, l’objectif principal reste de rendre la parole au peuple vénézuélien dans les plus brefs délais. Cette ligne diplomatique continue toutefois de diviser profondément en France.
La prise de position d’Emmanuel Macron sur le Venezuela révèle une fracture nette entre l’exécutif et la gauche française. Au-delà du cas vénézuélien, le débat interroge le rôle de la France sur la scène internationale et son attachement au droit international.
Cette polémique pourrait laisser des traces durables dans le débat politique, à mesure que les tensions géopolitiques s’intensifient.
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