Le Parti socialiste a clarifié sa position sur l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur. Son premier secrétaire, Olivier Faure, a confirmé que les députés socialistes ne voteront pas les motions de censure déposées par le Rassemblement national et la France Insoumise.
Cette prise de position intervient alors que le débat politique s’intensifie autour du commerce international et du budget de l’État.
Le PS rejette les motions de censure
Les motions de censure portées par le RN et LFI visent le gouvernement au sujet de l’accord UE-Mercosur. Pourtant, le Parti socialiste choisit de ne pas s’y associer. Olivier Faure estime qu’une telle démarche manquerait de cohérence. Selon lui, le président de la République a fini par exprimer un refus clair du traité. Dans ce contexte, censurer le gouvernement serait contre productif.
Invité sur BFMTV, le dirigeant socialiste a souligné que le calendrier européen reste déterminant. Un vote au Parlement européen approche. Dès lors, le PS préfère attendre cette échéance plutôt que de provoquer une crise politique immédiate.
Une critique assumée de la position présidentielle
Olivier Faure reconnaît néanmoins les hésitations passées d’Emmanuel Macron sur le Mercosur. Selon lui, ces revirements ont nourri l’incompréhension. Cependant, il juge que la position finale du chef de l’État doit être prise en compte. Le PS considère donc que l’enjeu principal se situe désormais au niveau européen.
Cette ligne vise aussi à préserver un débat politique lisible. Le Parti socialiste entend se démarquer à la fois de l’extrême droite et de la gauche radicale sur la méthode.
Le refus d’appeler à l’utilisation du 49.3
Interrogé sur le budget, Olivier Faure a également écarté l’idée de réclamer l’usage de l’article 49.3 de la Constitution. Il rappelle que ce mécanisme permet d’adopter un texte sans vote. Selon lui, il serait incohérent que l’opposition appelle à un outil qu’elle critique depuis des années.
Il a rappelé que cette procédure avait servi lors de la réforme des retraites. Pour cette raison, le PS refuse de l’encourager aujourd’hui. Le parti préfère juger le contenu des textes proposés, quelle que soit la procédure choisie par le gouvernement.
Des discussions prévues avec le gouvernement
Le Parti socialiste participera à une réunion à Bercy afin d’aborder les points budgétaires encore en discussion. Olivier Faure a déjà fixé plusieurs priorités. Il réclame un effort renforcé pour la transition écologique. Il demande aussi davantage de moyens pour les services publics.
Par ailleurs, le PS défend une surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises et une revalorisation de la prime d’activité. Ces revendications serviront de base aux échanges avec l’exécutif.
Sur le Mercosur comme sur le budget, le Parti socialiste adopte une stratégie de prudence politique. Il refuse la censure immédiate et privilégie le débat de fond.
Olivier Faure assume cette ligne, qu’il présente comme responsable et cohérente dans un contexte politique tendu.
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