Pendant plus d’une décennie, des milliers de personnes à travers le monde ont suivi Jackie grâce aux caméras installées dans la vallée de Big Bear, en Californie. Elles ont ainsi pu observer ses saisons de nidification, ses combats et les poussins qu’elle élevait.
Mais cette histoire suivie avec passion vient de prendre une tournure tragique. Jackie est morte à l’âge de 14 ans, après plusieurs semaines de problèmes de santé dont les vétérinaires n’ont pas réussi à déterminer l’origine.
Jackie, le célèbre pygargue à tête blanche devenu une véritable vedette du web grâce aux images de son nid à Big Bear Valley, est morte tôt dans la matinée du lundi 10 août, au Centre pour rapaces d’Ojai, à Ojai, en Californie.
Elle avait 14 ans.
L’Ojai Raptor Center a annoncé son décès. L’information a ensuite été relayée par Friends of Big Bear Valley, l’association à but non lucratif qui documente depuis plusieurs années la vie de Jackie et de ses congénères.
Un état de santé qui s’est aggravé malgré les soins
Malgré les traitements intensifs mis en place par les vétérinaires, l’état de Jackie n’a cessé de se détériorer au cours de ses derniers jours.
« Au cours des derniers jours, son état a continué de se détériorer malgré un traitement intensif et les efforts conjoints de notre équipe vétérinaire et des spécialistes consultés », a expliqué le centre.
L’équipe a précisé que Jackie était restée dans un état critique et avait bénéficié d’une oxygénothérapie, de soins de soutien ainsi que d’une surveillance médicale permanente au sein de l’unité de soins intensifs.
« Tout au long de son séjour à l’Ojai Raptor Center, chaque décision a été guidée par les données médicales disponibles, son bien-être et notre responsabilité d’agir dans son meilleur intérêt », a ajouté le centre.

Le décès de Jackie intervient après plusieurs semaines d’incertitude concernant son état de santé.
Une blessure après une altercation avec deux jeunes aigles
Le 17 juillet, Jackie avait été retrouvée blessée près du parc de Dana Point, après une altercation apparente avec deux jeunes aigles.
Une vidéo filmée par un témoin montrait le pygargue en train de se défendre. Jackie était notamment parvenue à se retourner sur le dos et à utiliser ses puissantes serres pour repousser les deux autres oiseaux.
Elle avait finalement réussi à les faire fuir. Cependant, elle ne parvenait plus à voler normalement.
Les secours l’avaient alors transportée au Centre pour rapaces d’Ojai, où les vétérinaires avaient commencé à rechercher l’origine de ses problèmes de santé.
Les examens ont notamment révélé une anémie sévère.
Les vétérinaires n’ont pas réussi à identifier la maladie
Au début du mois d’août, l’état de Jackie s’est encore dégradé.
Le 9 août, son hématocrite était descendu sous la barre des 6 %, avant de remonter brièvement à 9 %. Malgré cette légère amélioration, les vétérinaires restaient confrontés à une question essentielle : quelle maladie avait rendu Jackie aussi gravement malade ?
L’équipe médicale a multiplié les examens afin d’obtenir une réponse.
Jackie a notamment subi un scanner ainsi qu’une biopsie de la moelle osseuse. Malgré ces investigations, les vétérinaires n’ont pas réussi à déterminer l’origine de la maladie sous-jacente.
Le centre a indiqué travailler avec les autorités fédérales et californiennes chargées de la faune sauvage. Il a également annoncé son intention de communiquer davantage d’informations concernant les traitements reçus par Jackie ainsi que les résultats de ses analyses.
Un décès qui bouleverse ceux qui suivaient Jackie
La disparition de Jackie a profondément touché les personnes qui suivaient son histoire depuis des années.
« Nous savons que cette nouvelle va profondément toucher les milliers de personnes à travers le monde qui ont suivi son parcours, qui ont espéré avec nous, qui ont prié pour elle et qui ont soutenu ceux qui s’occupaient d’elle », a écrit l’équipe du centre de soins pour rapaces.
« Notre équipe a le cœur brisé. Ce fut un privilège extraordinaire de prendre soin d’elle. »
Mais Jackie n’était pas seulement devenue célèbre grâce à sa maladie récente.
Son histoire avait commencé bien des années auparavant, dans la vallée de Big Bear.
Jackie, une star suivie depuis plus d’une décennie
Jackie est née à Big Bear Valley en 2012. Elle était la fille des pygargues à tête blanche Ricky et Lucy.
Avant sa naissance, aucun cas d’éclosion de poussins de pygargue à tête blanche n’avait été recensé dans la vallée au cours des précédentes saisons de nidification.
À partir du milieu des années 2010, l’installation de caméras a permis au public de suivre en direct la vie des pygargues et leur reproduction.
Au fil du temps, Jackie est devenue la femelle attitrée du nid. Elle s’est ensuite accouplée avec Shadow, le mâle qui allait devenir son compagnon de longue date.

Jackie et Shadow, une histoire suivie par des milliers de spectateurs
Ensemble, Jackie et Shadow ont élevé plusieurs oisillons, offrant aux internautes un aperçu intime de la beauté, mais aussi de la dureté, de la vie sauvage.
Leur première couvée réussie est née en 2019, avant une nouvelle naissance en 2022. En revanche, leurs œufs n’ont pas éclos en 2023 ni en 2024.
Puis, en 2025, Jackie a pondu trois œufs. Les trois ont éclos au début du mois de mars. Mais une violente tempête de neige, avec près de 60 centimètres de neige et des vents particulièrement forts, a durement éprouvé le nid.
Seuls deux oisillons, Sunny et Gizmo, ont survécu.
Une nouvelle couvée malgré les épreuves
L’année 2026 a marqué le début d’un nouveau chapitre pour Jackie.
Deux de ses premiers œufs ont été détruits par des corbeaux. Elle en a ensuite pondu deux autres, qui ont finalement éclos avec succès en avril.
Les deux poussins ont été baptisés Luna et Sandy. Ce dernier prénom rendait hommage à Sandy Steers, ancienne directrice générale de l’association Friends of Big Bear Valley, décédée d’un cancer au début de l’année.
Luna et Sandy représentent désormais une nouvelle partie de l’héritage laissé par Jackie.
Pour de nombreux spectateurs, Jackie était toutefois bien plus qu’un simple oiseau sauvage observé à travers une caméra.
Au fil des années, elle était devenue une présence familière dans leur quotidien. Son parcours incarnait pour beaucoup la résilience, la maternité et la fragilité de la nature.
Jackie a aussi contribué à protéger son habitat
L’histoire de Jackie a également poussé certains de ses admirateurs à se mobiliser pour préserver l’environnement dans lequel elle vivait.
L’association Friends of Big Bear Valley a notamment contribué à lancer une vaste initiative destinée à protéger des terrains situés à proximité du nid de Jackie, alors menacés par des projets immobiliers.
La campagne a finalement permis de placer 254 000 mètres carrés de terres sous protection.
Cette mobilisation témoigne de l’attachement particulier suscité par Jackie au fil des années. Son existence, suivie en direct par des observateurs du monde entier, a dépassé le simple cadre de la vie sauvage.
Les investigations se poursuivent après sa mort
La dépouille de Jackie a désormais été remise au Département de la pêche et de la faune de Californie. Les experts poursuivent leurs investigations afin de déterminer ce qui a provoqué sa mystérieuse maladie.
À ce jour, aucune cause précise n’a encore été établie.
« Envole toi librement, Jackie », a écrit l’association Friends of Big Bear Valley dans un hommage publié après sa disparition.
Même si les circonstances exactes de sa maladie restent inconnues, l’empreinte laissée par Jackie auprès de ceux qui ont suivi son parcours est considérable.
Pour les millions de personnes qui l’ont observée au fil des années, elle n’était plus simplement un pygargue à tête blanche filmé en direct.
Elle était devenue Jackie, une mère, une survivante et un symbole auquel toute une communauté s’était profondément attachée.
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