La théorie de la « grossesse secrète » de Diana refait surface près de 30 ans après sa mort

Mohamed Al Fayed a longtemps affirmé que la princesse Diana attendait un enfant de son fils au moment de sa mort. Cette allégation est devenue le cœur d’une théorie du complot royale. Près de trois décennies plus tard, elle revient sur le devant de la scène.

Un accident resté entouré de zones d’ombre

Diana avait 36 ans lorsqu’elle a trouvé la mort. Elle se trouvait aux côtés de Dodi Fayed et du chauffeur Henri Paul. L’accident est survenu dans le tunnel du pont de l’Alma à Paris, le 31 août 1997.

Dans les années qui ont suivi, le père de Dodi, Mohamed Al Fayed, aurait formulé une allégation extraordinaire. Selon lui, la princesse de Galles était enceinte de son fils au moment du drame. Il affirmait aussi que leur mort n’était pas accidentelle.

Cette rumeur de grossesse a finalement été examinée lors de la longue enquête britannique sur la mort de Diana et de Dodi. Les jurés y ont entendu des témoignages allant clairement dans le sens contraire.

Le pathologiste n’a constaté aucun signe de grossesse

Le docteur Robert Chapman a procédé à l’autopsie de Diana. Il a déclaré sous serment n’avoir constaté aucun signe physique de grossesse, ni dans son utérus ni dans ses ovaires. « Non, je ne l’ai pas remarqué », a-t-il répondu lorsqu’on lui a demandé s’il avait relevé des signes de grossesse, rapporte The Guardian.

Il existait toutefois une réserve scientifique importante. Chapman a expliqué que les signes de grossesse n’étaient pas forcément visibles dès le début de celle-ci, surtout dans les premières semaines suivant la conception.

« En cas de grossesse, les signes cliniques varient en fonction de la durée de celle-ci », a déclaré M. Chapman lors de l’enquête, qui avait débuté en 2007. « Mais une grossesse confirmée se traduira par une modification de la taille de l’utérus, une modification de l’épaisseur de la muqueuse utérine et la présence d’un sac gestationnel. »

Il a précisé : « Du premier au septième jour, on ne voit rien. Du septième au quatorzième jour, on peut éventuellement voir quelque chose, même si c’est improbable. Par la suite, les chances d’observer des signes augmentent. »

Cette petite part d’incertitude scientifique a nourri la théorie selon laquelle Diana attendait le petit frère du prince William et de Harry. Près de trois décennies après sa mort, cette hypothèse fait aujourd’hui l’objet d’un nouvel examen.

Retour sur les dernières heures de Diana

L’hypothèse de la grossesse fait partie des théories réexaminées dans Celebrity Crime Scene: Princess Diana. Cette nouvelle émission spéciale de FOX, coproduite par TMZ, a été diffusée pour la première fois le 20 août.

Grâce à une technologie de reconstitution virtuelle, l’émission recrée l’accident sous différents angles. Elle revient aussi sur les questions qui entourent la mort de Diana depuis des décennies.

L’une des accusations les plus fracassantes a été formulée directement par le père de Dodi, décédé en 2023 à l’âge de 94 ans. Al Fayed a affirmé que Lady Di et son fils lui avaient confié leur intention de se marier et d’avoir un enfant. Il a également accusé les autorités d’avoir embaumé le corps de Diana à Paris pour dissimuler les preuves de sa grossesse.

Cette allégation a toutefois été contestée lors de l’enquête par Chapman. Il a déclaré aux jurés que le liquide d’embaumement n’aurait pas pu l’empêcher de détecter des signes physiques de grossesse.

« Cette voiture n’a pas eu d’accident par hasard »

Les affirmations d’Al Fayed allaient bien au-delà de la seule question de la grossesse. L’ancien propriétaire de Harrods a affirmé que les services de sécurité britanniques avaient orchestré la mort du couple. Il a pointé du doigt le MI6 et le prince Philip dans le cadre d’un vaste complot d’assassinat.

« Je suis convaincu à 99,9 % que ce n’était pas un accident », avait déclaré Al Fayed à la BBC en 1998. « Cette voiture n’a pas eu d’accident par hasard. Il y a eu un complot. Je n’aurai pas de repos tant que je n’aurai pas établi ce qui s’est passé. »

Ces accusations ont fait l’objet d’un examen approfondi au cours de l’enquête. Le juge d’instruction a finalement conclu qu’aucune preuve ne permettait d’affirmer que le prince Philip, le MI6 ou une autre agence gouvernementale avaient orchestré la mort de Diana et de Dodi.

Contraceptifs et théories du complot

Si les allégations d’assassinat ont élargi la théorie bien au-delà de la grossesse, la question initiale posée par Al Fayed a aussi fait l’objet d’un examen approfondi.

L’enquête a révélé que Diana prenait la pilule contraceptive. Elle n’avait donné aucun signe à son médecin, à ses proches, à ses amis ou à ses collaborateurs laissant penser qu’elle se croyait enceinte.

Les enquêteurs ont aussi examiné des éléments de preuve scientifiques dans le cadre de l’opération Paget. Cette enquête a été menée par la police britannique pour faire la lumière sur les allégations de complot entourant les décès de Diana et de Dodi. Le sang prélevé sur l’épave de la Mercedes a été analysé pour détecter la gonadotrophine chorionique humaine (HCG), l’hormone associée à la grossesse. Aucune trace n’a été détectée.

Dans l’ensemble, les éléments de preuve contredisaient les affirmations d’Al Fayed. Le juge Scott Baker a toutefois reconnu qu’une question restait scientifiquement indécidable. « Il est probable que, dans cette affaire, la grossesse soit un fait qui ne puisse être ni confirmé ni infirmé scientifiquement », avait-il déclaré aux jurés. Cette incertitude ne signifiait toutefois pas que les éléments de preuve s’équilibraient parfaitement.

« Elle n’était pas » enceinte

Quelques mois plus tard, Baker a présenté ses conclusions dans cette affaire. Son analyse était alors beaucoup plus claire : il a déclaré au jury qu’« il existait de nombreux éléments prouvant qu’elle n’était pas » enceinte.

La théorie du complot plus générale n’a pas eu plus de succès. L’enquête n’a trouvé aucune preuve étayant les allégations visant le prince Philip ou les services secrets britanniques. Des enquêtes menées auparavant en France et en Grande-Bretagne avaient déjà rejeté les allégations d’un complot d’assassinat.

Pourtant, l’allégation d’Al Fayed sur la grossesse s’est avérée extrêmement difficile à faire taire. Près de trois décennies après la mort de Diana, cette petite faille dans la certitude suffit à remettre la théorie sous les feux de l’actualité.

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