Le Pentagone aurait élaboré un plan visant à maintenir ses principales bases militaires opérationnelles pendant au moins 90 jours sans aide extérieure. Baptisé FORTRESS, ce dispositif prévoit notamment des réserves stratégiques, une autonomie énergétique et des communications renforcées. L’objectif serait de permettre à l’armée américaine de poursuivre ses opérations en cas de conflit majeur.
Le Pentagone se préparerait à faire face à une guerre susceptible de perturber les infrastructures essentielles des États-Unis. Une telle situation pourrait notamment interrompre l’approvisionnement en électricité, les communications et les chaînes logistiques.
Pour limiter ces risques, le département américain de la Défense aurait élaboré un plan baptisé FORTRESS. Son existence a été révélée par Fox News Digital le dimanche 25 octobre.
Le média s’appuie sur des documents internes du Pentagone. Selon Fox News, le dispositif vise à réduire la dépendance des installations militaires aux infrastructures civiles.
Chaque grande base située sur le territoire continental américain devrait pouvoir fonctionner de manière autonome pendant au moins 90 jours. Cette autonomie concernerait notamment l’électricité, l’eau, le carburant et les communications.
FORTRESS : cinq priorités pour renforcer les bases militaires
Selon Newsweek, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth aurait ordonné cette initiative dans un mémorandum publié en septembre. Le plan reposerait sur cinq axes principaux.
Il prévoit l’indépendance énergétique et la résilience des chaînes d’approvisionnement. Il comprend également la constitution d’une réserve stratégique de défense.
Les deux autres priorités concernent le renforcement des bases, notamment contre les cyberattaques, et la résilience des communications et des systèmes spatiaux.
Un bureau spécialement chargé de cette initiative devait être créé avant le 30 octobre. Il aurait pour mission d’accompagner sa mise en œuvre.
Sur le plan énergétique, FORTRESS envisage plusieurs solutions. Parmi elles figurent des réacteurs nucléaires portables, de grandes batteries de stockage et des microréseaux électriques.
Ces installations permettraient aux bases militaires de se déconnecter du réseau civil. Elles pourraient ainsi continuer à fonctionner en cas de perturbation extérieure.
Sean Parnell, porte-parole en chef du Pentagone, a dirigé cette initiative. Il a insisté sur les risques liés à la dépendance de l’armée aux infrastructures locales.
« C’est un risque intolérable », a-t-il déclaré.
« L’énergie, c’est le combat aujourd’hui. »
Cette volonté d’autonomie énergétique ne constitue toutefois pas une nouveauté. Dès 2020, le Pentagone avait commencé à développer un réacteur nucléaire mobile dans le cadre du Projet Pele.
Un décret exécutif publié en mai 2025 avait également appelé à installer des réacteurs avancés dans les installations militaires.
Des réserves stratégiques pour éviter les ruptures d’approvisionnement
FORTRESS prévoit aussi de renforcer les stocks de ressources essentielles aux opérations militaires. Ces réserves comprendraient notamment des munitions, du carburant et des minéraux critiques.
Elles incluraient également des composants électroniques, des pièces de rechange et des fournitures médicales. L’objectif serait de limiter les conséquences d’une interruption des approvisionnements.
Pour les équipements les plus critiques, le plan prévoit au moins deux sources d’approvisionnement ou de fabrication qualifiées. Cette mesure permettrait d’éviter qu’un fournisseur unique ne bloque les opérations.
Le Pentagone entend également mobiliser certaines capacités industrielles civiles. Des usines commerciales pourraient ainsi être appelées à produire du matériel de défense en période de crise.
Cette organisation passerait par le Réseau de fabrication de réserve civile. Le dispositif permettrait d’identifier à l’avance les entreprises susceptibles de participer à cet effort.
Les autorités définiraient également les spécifications techniques, les exigences de cybersécurité et les contrats nécessaires. Les différentes étapes de conversion des usines seraient préparées avant toute mobilisation.
Des tests de résistance et des exercices réguliers seraient organisés. Ils permettraient d’évaluer la capacité du système à répondre à une situation d’urgence.
Comment l’armée américaine compte réagir à une panne du GPS
Le plan FORTRESS s’intéresse également à la protection des systèmes de navigation et de communication. Les satellites militaires figurent parmi les infrastructures concernées.
Le Pentagone souhaite notamment anticiper les interférences susceptibles de perturber ces équipements. Le dispositif prévoirait des solutions pour poursuivre les opérations malgré un brouillage du GPS.
Il prendrait également en compte les perturbations touchant les systèmes spatiaux. L’objectif serait de préserver les capacités militaires dans un environnement dégradé.
Sean Parnell a expliqué que la défense américaine reposait longtemps sur une conception géographique devenue insuffisante. Il a notamment évoqué « l’hypothèse dépassée que deux océans nous protégeraient ».
Selon lui, un prochain conflit pourrait se dérouler simultanément sur plusieurs fronts. Les chaînes d’approvisionnement mondiales risqueraient alors de s’effondrer.
« Nous devons avoir un plan », a-t-il affirmé.
Les bases américaines peuvent-elles déjà fonctionner pendant 90 jours ?
L’autonomie de 90 jours constitue un objectif rapporté dans le cadre de FORTRESS. Elle ne signifie pas que les installations militaires américaines disposent déjà de cette capacité.
Le Pentagone n’a pas rendu public de budget pour l’ensemble du dispositif. Aucune date d’achèvement n’a également été annoncée.
Le plan vise donc à préparer les bases américaines à d’éventuelles perturbations majeures. Les informations disponibles ne permettent toutefois pas de déterminer quand toutes les mesures envisagées pourraient devenir opérationnelles.
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