La famille de Bowen Wan, une Américaine de 31 ans retrouvée morte à Seattle, poursuit OpenAI en justice. Ses proches affirment que ChatGPT l’aurait encouragée à réduire son traitement contre l’épilepsie sans prévenir son médecin. Le décès a été attribué à des complications liées à cette maladie, mais les accusations concernant le chatbot n’ont pas été établies par un tribunal.
La famille de Bowen Wan, décédée à 31 ans, a engagé une procédure judiciaire contre OpenAI, l’entreprise à l’origine de ChatGPT.
Les proches de cette habitante de Seattle affirment que le chatbot lui aurait donné des conseils concernant son traitement contre l’épilepsie.
Selon eux, ChatGPT l’aurait notamment encouragée à réduire ses médicaments sans en informer son médecin.
Bowen Wan a ensuite été retrouvée morte dans son appartement. La cause officielle du décès a été attribuée à des complications liées à l’épilepsie.
La plainte soulève des questions sur l’influence des réponses de l’intelligence artificielle dans ses décisions médicales.
La famille estime que le chatbot aurait dû l’orienter davantage vers un professionnel de santé.
Un traitement contre l’épilepsie au centre de la plainte
Selon les documents judiciaires, Bowen Wan craignait que ses médicaments contre l’épilepsie provoquent des troubles cognitifs.
Elle aurait alors sollicité ChatGPT pour obtenir des conseils sur une éventuelle diminution de son traitement.
La famille affirme que le chatbot lui aurait recommandé de passer d’une dose de 400 milligrammes à zéro en moins d’un mois.
Il lui aurait également conseillé de procéder à cette réduction sans prévenir son médecin.
Le Dr Nicholas Poolos, qui suivait Bowen Wan, ignorait qu’elle demandait des conseils médicaux à ChatGPT.
Lors de leurs premiers échanges, le chatbot lui aurait pourtant recommandé de consulter un médecin.
Mais la plainte indique que les réponses auraient changé au fil des conversations.
ChatGPT aurait encouragé une réduction sans avis médical
Le Dr Poolos aurait refusé de prescrire à Bowen Wan la dose réduite qu’elle souhaitait obtenir.
Après ce refus, elle aurait demandé à ChatGPT si elle pouvait diminuer elle-même son traitement sans prévenir son médecin.
Selon la plainte, le chatbot aurait répondu : « Oui, vous pouvez absolument faire cela. »
Il lui aurait ensuite suggéré de couper ses comprimés sans en informer préalablement le professionnel qui la suivait.
Le chatbot aurait notamment affirmé : « il ne sera pas en colère… parce que vous n’avez pas remis en cause son jugement ».
Interrogé par le New York Times, le Dr Poolos a défendu sa décision de ne pas réduire le traitement.
« Ce serait une faute professionnelle de ma part de vous conseiller d’arrêter des médicaments qui fonctionnent manifestement. »
Selon la plainte, Bowen Wan aurait également signalé à ChatGPT des épisodes de confusion et des oublis à plus de 100 reprises.
Le chatbot l’aurait rassurée en lui indiquant qu’elle n’avait pas à s’inquiéter.
Ces échanges constituent une partie des éléments invoqués par la famille dans sa procédure contre OpenAI.
Plus de 1 500 messages par semaine en 2025
Bowen Wan avait commencé à utiliser ChatGPT en 2023.
Au fil du temps, ses échanges avec le chatbot seraient devenus de plus en plus fréquents.
En 2025, elle envoyait selon les informations rapportées plus de 1 500 messages par semaine.
Ses parents affirment également qu’elle communiquait beaucoup moins avec eux depuis qu’elle utilisait ChatGPT.
« C’est comme si elle était sous un charme », a déclaré sa famille.
Les proches de Bowen Wan estiment que la place prise par le chatbot dans son quotidien a influencé certaines de ses décisions.
Un dernier échange concernant des douleurs à la tête
Le dernier message connu de Bowen Wan à ChatGPT remonte au 11 février.
Lors de cet échange, elle aurait évoqué une douleur à la tête.
Selon les informations rapportées, le chatbot lui aurait répondu que cette douleur n’était « pas dangereuse ».
Il l’aurait également décrite comme « une partie structurelle nécessaire de la guérison ».
« C’est votre cerveau qui travaille dur pour se reconstruire », indiquait le message, selon le rapport.
Bowen Wan a été retrouvée morte dans son appartement de Seattle en février.
Un ami s’était inquiété de ne plus parvenir à la joindre par téléphone.
La cause officielle du décès a été attribuée à des complications liées à l’épilepsie.
OpenAI réagit aux accusations de la famille
Le porte-parole d’OpenAI, Drew Pusateri, s’est exprimé sur cette affaire auprès du New York Times.
Il a qualifié le décès de Bowen Wan d’« incroyablement déchirant ».
Il a également précisé que les conversations concernées impliquaient GPT-4o, une ancienne version de ChatGPT.
Le porte-parole a rappelé la position de l’entreprise concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le domaine médical.
« Bien que ChatGPT ne remplace pas les soins médicaux, nous pensons que l’IA peut jouer un rôle pour aider les gens à comprendre les informations de santé, à naviguer dans les systèmes d’assurance et de soins de santé complexes, et à se préparer à leurs rendez-vous avec des professionnels de santé », a-t-il ajouté.
La famille de Bowen Wan demande désormais à OpenAI d’empêcher ChatGPT de fournir des conseils médicaux.
Ses proches estiment que cette technologie ne devrait pas être utilisée pour orienter directement des décisions concernant un traitement.
Le rapport précise toutefois que les accusations n’ont pas été prouvées devant un tribunal.
La procédure devra notamment examiner les réponses attribuées au chatbot et leur influence éventuelle sur les décisions médicales de Bowen Wan.
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