Geena Davis est aujourd’hui considérée comme l’une des actrices les plus marquantes de sa génération. Récompensée par un Oscar et devenue une figure majeure de la représentation des femmes au cinéma, elle a pourtant connu une enfance loin des projecteurs. Elle est marquée par une éducation très traditionnelle, une expérience de mort imminente et un traumatisme qu’elle a gardé longtemps en elle.
Avant de devenir une star internationale, Geena Davis a grandi dans un environnement très éloigné du glamour hollywoodien. Elle a connu une enfance protégée, mais aussi des événements difficiles qui ont profondément influencé son parcours personnel et professionnel.
Une enfance très éloignée du monde d’Hollywood
Peu d’actrices ont réussi à s’imposer comme Geena Davis dans les années 1980 et 1990. Avec son élégance, son charisme et son talent, elle a rapidement conquis le public et la critique, transformant chacun de ses rôles en véritable démonstration de son potentiel artistique.
Née le 21 janvier 1958 à Wareham, dans le Massachusetts, elle comprend très tôt que la scène occupera une place importante dans sa vie.
« J’avais trois ans, et je ne sais absolument pas comment j’ai pu comprendre que c’était un métier, car on n’avait le droit de regarder que des films Disney, qui étaient des dessins animés », a-t-elle raconté.
Ses parents, Bill et Lucille, menaient une vie simple et traditionnelle. L’actrice a même plaisanté un jour en expliquant qu’ils « auraient été amish s’ils avaient su ce qu’était la communauté amish ».
Avec son frère aîné Dan, Geena Davis grandit dans un cadre familial où la politesse, le respect et les bonnes manières occupent une place essentielle.
En repensant à son enfance en Nouvelle-Angleterre, elle décrit une famille très éloignée des habitudes modernes :
« Mes parents sont tous les deux originaires du Vermont, une région très traditionnelle de la Nouvelle-Angleterre. Nous chauffions notre maison avec du bois que mon père coupait lui-même. Ma mère cultivait toute notre nourriture. Nous étions très peu exposés au monde extérieur. »
Cette éducation lui a transmis des valeurs fortes, mais elle ne l’a pas empêchée de vivre des expériences particulièrement difficiles durant son enfance.
L’accident qui aurait pu lui coûter la vie à 8 ans
Malgré cette enfance protégée, Geena Davis a vécu un épisode qui aurait pu tourner au drame.
À l’âge de 8 ans, elle a failli mourir lors d’un trajet en voiture avec son grand-oncle Jack, alors âgé de 99 ans.
Selon son récit, son grand-oncle conduisait de manière dangereuse, en slalomant entre les véhicules arrivant en sens inverse. Ni elle ni ses parents n’ont osé lui faire remarquer son comportement, par respect pour son âge et son statut familial.
La situation est devenue particulièrement inquiétante lorsqu’une voiture s’est retrouvée directement sur leur trajectoire. Au dernier moment, Jack a réussi à corriger sa direction et à éviter une collision frontale.
Cette expérience a laissé une trace durable chez l’actrice. Elle lui a notamment appris une leçon qu’elle a retrouvée plus tard dans ses mémoires publiées en 2022, intitulées Dying of Politeness : son incapacité à s’imposer face aux autres par peur d’être impolie.
Le traumatisme d’un abus gardé secret pendant des années
Dans ses mémoires, Geena Davis revient également sur un événement beaucoup plus douloureux de son enfance.
L’actrice raconte avoir été victime d’abus sexuels commis par un voisin alors qu’elle lui livrait son journal.
Comme beaucoup de victimes d’abus durant l’enfance, elle explique qu’elle n’a pas immédiatement compris la gravité de ce qui s’était produit.
Dans une interview accordée à Vanity Fair, elle a déclaré :
« Cela m’a fait beaucoup honte que cela se soit produit, car je ne savais pas ce qu’il faisait lorsqu’il me touchait de cette manière. Je ne savais pas que c’était mal. Je n’ai pas réagi, puis, en voyant la réaction de ma mère, je me suis dit : “Oh mon Dieu, c’était grave. J’ai fait quelque chose de terriblement mal”. »

Sa mère a ensuite confronté la voisine, mais aucune plainte n’a été déposée auprès de la police.
Geena Davis explique avoir ressenti pendant longtemps le poids de ce secret :
« Je savais qu’il était aussi responsable, parce qu’elle est venue dans la rue et lui a dit de ne plus jamais me toucher, puis m’a dit de ne plus jamais monter les escaliers pour aller chez lui. Mais elle ne m’a pas expliqué ce qui s’était passé ni pourquoi ce qu’il faisait était mal, alors j’avais l’impression de porter en moi un horrible secret. »
Avec le recul, l’actrice estime que cette expérience a influencé sa manière de gérer les difficultés : « La grande leçon que j’ai tirée de la vie, c’est qu’il ne faut jamais se plaindre de quoi que ce soit. »
Elle ajoute : « On ne peut pas attirer ce genre d’attention sur soi en se plaignant de quelque chose. Du coup, je n’en ai pas parlé, mais j’avais envie d’en parler. »
Une adolescence marquée par les moqueries
L’une des caractéristiques physiques qui a le plus marqué la jeunesse de Geena Davis est sa taille. Au lycée, elle était l’élève la plus grande de sa classe, une particularité qui ne lui apportait pas la confiance attendue.
Elle expliquait que cette différence avait souvent été difficile à vivre.
« Ils ont toujours voulu que je fasse partie de l’équipe de basket, mais je n’étais pas très douée », a-t-elle déclaré au Chilliwack Progress en 1985.
« L’athlétisme, c’était mon truc. Je faisais du saut en hauteur et des courses de haies dans l’équipe féminine. Mais c’était sans espoir quand on était plus grande que tout le monde. »
Avec le temps, elle a compris que cette particularité faisait partie de son identité, mais durant son adolescence, elle a surtout ressenti le poids du regard des autres.
« J’étais grande dès le tout début », a-t-elle confié dans l’émission The View. « J’étais très complexée et timide, et la dernière chose que je souhaitais, c’était de me démarquer ; et pourtant, à chaque instant, je me démarquais. »
Les remarques de ses camarades de classe ont renforcé ce sentiment d’être différente.
« Du coup, ça a été vraiment dur pendant mon adolescence. Au lycée, les garçons m’avaient surnommée Kareem Abdul-Jabbar, ce qui, vous l’imaginez, est vraiment charmant », a-t-elle raconté, en référence à l’ancienne star des Lakers.
En dehors du sport, Geena Davis développait également d’autres passions. Elle jouait de la flûte dans la fanfare de son établissement et, durant sa dernière année de lycée, elle a effectué un séjour d’études en Suède, une expérience qui lui a permis de maîtriser parfaitement la langue.
Des études orientées vers le théâtre
Après le lycée, Geena Davis poursuit ses études au New England College, dans le New Hampshire, avant d’intégrer l’université de Boston pour se spécialiser en art dramatique.
Ses parents ont accepté son choix, même s’ils considéraient qu’une carrière artistique représentait une voie incertaine.
L’actrice a expliqué : « Je pense qu’ils n’en savaient vraiment pas grand-chose, et ce serait incroyablement rare et insolite si je parvenais à mener une carrière couronnée de succès », a-t-elle déclaré à The Gentle Woman.
Des années plus tard, elle a révélé un détail surprenant concernant son parcours universitaire. Contrairement à ce qui était indiqué depuis longtemps sur Wikipédia, elle n’a jamais obtenu son diplôme.
Elle a expliqué qu’elle n’avait jamais révélé cette information à ses parents avant leur décès.
« Ils n’ont jamais su la vérité avant leur décès », a-t-elle confié.
Ses premiers pas comme mannequin à New York
En 1977, Geena Davis quitte la Nouvelle-Angleterre pour s’installer à New York.
Elle y multiplie les petits emplois, travaillant notamment comme mannequin de vitrine, vendeuse et serveuse, tout en essayant de se faire une place dans l’univers du mannequinat.
Ses efforts finissent par payer lorsqu’elle signe avec l’agence Zoli et apparaît dans le célèbre catalogue Victoria’s Secret.
Cette expérience lui ouvre progressivement les portes du monde du cinéma.
« Je savais que je voulais faire du cinéma plutôt que du théâtre », a-t-elle déclaré à NPR.
Elle explique alors avoir choisi le mannequinat comme un moyen d’accéder plus facilement au cinéma :
« J’ai décidé d’essayer d’abord de devenir mannequin parce qu’à l’époque, Christie Brinkley et Lauren Hutton se voyaient proposer des rôles au cinéma. Et je me suis dit : “Bon, d’accord, je vais simplement devenir mannequin, et ensuite on me proposera des rôles, parce que, évidemment, c’est tellement plus facile de devenir top-modèle.” »
Mais son parcours dans le mannequinat ne s’est pas déroulé exactement comme elle l’imaginait.
« Au final, tout s’est bien passé pour moi, mais mes chances de devenir un mannequin célèbre étaient en réalité assez minces, et je ne le suis pas devenue. J’ai tout de même trouvé du travail, et c’est grâce à mon agence de mannequins que j’ai décroché mon premier rôle d’actrice. »

La rencontre qui lance sa carrière au cinéma
La carrière de Geena Davis prend un tournant décisif lorsque le réalisateur Sydney Pollack la remarque dans un catalogue et lui propose un rôle dans Tootsie en 1982.
Elle partage alors l’écran avec Dustin Hoffman et reçoit des critiques positives pour sa prestation.
Après cette première réussite, elle s’installe à Los Angeles, où sa carrière commence véritablement à prendre de l’ampleur.
Son nom commence alors à circuler dans l’industrie hollywoodienne, et de nombreux réalisateurs souhaitent travailler avec cette nouvelle personnalité du cinéma.
Les premiers succès à la télévision avant la consécration au cinéma
En 1983, Geena Davis décroche le rôle principal dans la série télévisée Buffalo Bill, une production saluée par la critique. Deux ans plus tard, elle poursuit son parcours sur le petit écran avec sa propre série, Sara. Mais après l’arrêt du programme, l’actrice décide de se tourner davantage vers le cinéma.
En 1985, elle partage l’affiche de Transylvania 6-5000 avec Jeff Goldblum. Le film ne rencontre toutefois pas le succès attendu au box-office.
De La Mouche à l’Oscar : l’ascension d’une actrice majeure
Un an plus tard, Geena Davis retrouve Jeff Goldblum dans le film d’horreur culte La Mouche (1986), une œuvre qui marque une étape importante dans son parcours cinématographique.
Son ascension se poursuit en 1988 avec Beetlejuice, réalisé par Tim Burton. Puis, en 1989, elle tient le rôle principal dans The Accidental Tourist, un film qui reçoit quatre nominations aux Oscars.
Sa prestation lui permet de remporter l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle, confirmant son statut parmi les talents majeurs d’Hollywood.
Thelma & Louise, le rôle qui change sa carrière
Mais c’est avec Thelma & Louise que Geena Davis connaît l’un des moments les plus marquants de sa carrière. Réalisé par Ridley Scott, ce film féministe devenu culte lui offre un rôle emblématique et contribue à renforcer sa notoriété internationale.
Cette expérience lui permet également de développer une relation importante avec sa partenaire à l’écran, Susan Sarandon. Davis se souvient d’elle comme d’une femme qui « disait très simplement et très clairement ce qu’elle pensait ».
Cette amitié l’aide également à trouver davantage sa propre voix. Après Thelma & Louise, elle poursuit son parcours avec A League of Their Own, consolidant son image de figure importante du cinéma mettant les femmes au premier plan.
L’actrice expliquera plus tard que l’accueil réservé à ces films avait été particulièrement « surprenant et significatif », car il révélait à quel point les productions réalisées par des femmes et destinées aux femmes restaient encore rares.
Une star admirée pour son talent et son élégance
Au sommet de sa popularité à Hollywood, Geena Davis est reconnue autant pour son apparence que pour la profondeur qu’elle apporte à ses personnages.
Dans une interview accordée à Vogue en 1992, elle évoque le regard porté sur sa beauté : « Les gens me demandent toujours : “Tu te trouves belle ?” Que suis-je censée répondre ? »
Elle ajoute : « Mais quand je me vois dans un film, je me dis parfois : Oh, c’est vraiment sympa. Je suis jolie. »
Son apparition remarquée aux Oscars
Geena Davis apprécie également l’aspect spectaculaire des grands événements hollywoodiens. Peu après le succès de Thelma & Louise, elle fait une apparition remarquée lors de la cérémonie des Oscars dans une robe inspirée du personnage de Bo Peep, avec une longue traîne.

Elle explique ce choix par son parcours personnel : « Je viens d’une petite ville, et je vais vraiment aux Oscars. Bien sûr que j’ai envie de porter quelque chose de glamour. »
L’actrice souligne alors le contraste entre cet univers et son enfance marquée par une vie simple. Elle rappelle que ses parents menaient un quotidien modeste et que « le seul maquillage que ma mère portait, c’était du rouge à lèvres rouge ».
Le ralentissement d’une carrière après Hollywood
Alors qu’elle approche de la quarantaine, Geena Davis connaît une période plus difficile dans sa carrière, une situation que de nombreux acteurs ont également traversée.
« Je suis tombée de la falaise », confie-t-elle au Guardian en 2020.
Elle explique cette période ainsi : « Les grands rôles étaient extrêmement rares. C’était une énorme différence. »
Quatre mariages et une maternité à 46 ans
Même si Hollywood a progressivement offert moins de grands rôles à Geena Davis, cela n’a pas diminué son influence ni sa détermination. Alors que sa carrière connaissait un ralentissement, d’autres aspects de sa vie ont pris une place essentielle.
L’actrice s’est mariée quatre fois, notamment avec Jeff Goldblum, son partenaire dans La Mouche. Elle est devenue mère pour la première fois à l’âge de 46 ans.
Aujourd’hui âgée de 69 ans, elle est mère de trois enfants : sa fille Alizeh, âgée de 23 ans, ainsi que ses fils jumeaux Kaiis et Kian, âgés de 19 ans.
C’est avec son quatrième mari, le chirurgien esthétique Reza Jarrahy, que Geena Davis a réalisé son désir de devenir mère. Les deux se sont rencontrés lors d’une soirée et ont d’abord noué une relation amicale.
À l’époque, l’actrice hésitait à envisager une histoire sérieuse avec cet homme de 27 ans, qui avait 15 ans de moins qu’elle.
« Au début, pour être honnête, je voyais ça simplement comme quelque chose d’amusant. Je ne pensais pas trop à l’avenir », avait-elle reconnu.
Mais avec le temps, leur relation s’est transformée. Davis est tombée amoureuse de Jarrahy, qui est devenu son quatrième époux et le père de ses enfants.
Le couple s’est marié en 2001 et a accueilli leur premier enfant, Alizeh, en 2002.
Une mère quadragénaire face aux défis de la maternité
Devenir mère au milieu de la quarantaine n’a pas été une expérience simple pour Geena Davis.
L’actrice n’a jamais révélé publiquement les détails de sa grossesse ni précisé si elle avait eu recours à une fécondation in vitro, une pratique souvent évoquée chez les célébrités devenues mères plus tardivement.
En 2004, elle a donné naissance à ses jumeaux, Kaiis et Kian.
À cette période, sa principale inquiétude était de réussir à gérer trois enfants âgés de moins de trois ans.
Elle a également confié avoir ressenti une autre peur : celle de ne jamais pouvoir aimer quelqu’un autant qu’elle aimait sa fille Alizeh.
Cette crainte a disparu lorsqu’elle a rencontré ses deux fils.
Contrairement à certaines personnalités qui encouragent leurs enfants à suivre rapidement leurs traces dans le cinéma, Geena Davis n’a jamais poussé ses trois enfants vers une carrière artistique.
Elle s’est notamment montrée très protectrice envers sa fille, expliquant qu’elle ne voulait pas l’exposer à un milieu où les femmes peuvent encore être confrontées à l’exploitation et à l’objectification.

Une nouvelle génération peut-être tournée vers le cinéma
Malgré les réserves de sa mère concernant l’industrie du spectacle, Alizeh pourrait finalement suivre une voie proche de celle de Geena Davis.
Selon son profil LinkedIn, elle étudie actuellement à l’Université de Californie du Sud, où elle prépare une licence dans les domaines de l’industrie musicale et des arts cinématographiques.
Au fil des années, ses enfants ont également contribué à faire évoluer le regard de Geena Davis sur Hollywood.
Alors qu’ils étaient encore jeunes, l’actrice a commencé à observer plus attentivement les inégalités entre les femmes et les hommes dans le cinéma et la télévision.
Cette prise de conscience l’a poussée à agir.
Geena Davis s’engage pour changer Hollywood
En 2004, Geena Davis a fondé le Geena Davis Institute on Gender in Media, une organisation consacrée à l’étude et à la promotion d’une meilleure représentation des femmes dans les médias.
Depuis, l’actrice mène un combat constant en faveur de l’égalité entre les sexes à Hollywood.
Elle affirme notamment que les femmes disposent du talent nécessaire pour occuper davantage de postes importants dans l’industrie, mais que le système reste largement dominé par les hommes.
Selon elle, environ 96 % des films seraient réalisés par des hommes, un déséquilibre qui ne s’expliquerait pas par un manque de réalisatrices compétentes, mais par les mécanismes internes du secteur.
Geena Davis poursuit sa carrière d’actrice
Aujourd’hui, à 69 ans, Geena Davis continue de travailler dans le cinéma et la télévision.
Elle doit notamment apparaître dans The Boroughs, une future série mystérieuse et surnaturelle créée pour Netflix par les frères Duffer, connus pour la série Stranger Things.
Selon Deadline, la série se déroulera dans une communauté de retraités en apparence paisible, où un groupe de héros improbables devra s’unir pour affronter une menace venue d’un autre monde qui cherche à leur voler « la seule chose qu’ils n’ont pas… le temps ».
Après une enfance marquée par les complexes, les épreuves personnelles et une ascension spectaculaire à Hollywood, Geena Davis continue aujourd’hui de tracer sa propre voie, entre carrière artistique et engagement pour une industrie plus équilibrée.
LIRE AUSSI : Susan Sarandon répond avec élégance aux critiques sur sa tenue vestimentaire
LIRE AUSSI : Il a grandi dans une secte avant de devenir l’un des acteurs les plus célèbres d’Hollywood