La famille de Christa Pike affirme avoir appris qu’elle était en état de mort cérébrale après sa tentative d’exécution. Ses proches pensaient que son maintien en vie allait être interrompu. Mais près d’une semaine après l’injection létale, la condamnée de 50 ans s’est réveillée et a recommencé à parler.
Carrie Ross, la tante de Christa Pike, affirme que sa famille avait été informée de son état de mort cérébrale. Selon elle, les proches avaient également appris que la condamnée serait débranchée du respirateur après l’échec de son exécution.
« Nous avons appris qu’elle était en état de mort cérébrale et qu’ils la débranchaient du respirateur », a déclaré Ross au Daily Mail.
La tante de Pike, sœur de sa défunte mère, a également évoqué le moment où cette décision devait être appliquée. Elle a expliqué que la famille s’attendait à sa mort.
« Ils allaient la laisser partir, la laisser mourir, à 1 heure demain. C’était hier ou avant-hier. »
Pourtant, Pike s’est réveillée mardi, près d’une semaine après la tentative d’exécution. Le Tennessee avait tenté de l’exécuter par injection létale le 30 septembre.
Une famille restée dans l’ignorance après son réveil
Selon Carrie Ross, aucun membre de la famille n’a pu parler à Pike depuis son réveil. Ses proches dépendent donc des informations transmises par ses avocats.
Ces derniers leur ont notamment indiqué que Pike « savait qui elle était et où elle se trouvait ». La famille reste toutefois sans contact direct avec elle.
« Toute cette semaine a été un brouillard », a confié Ross.
Les avocats de Pike ont également décrit leur incompréhension face à ce retournement de situation. Lors d’une conférence de presse mercredi, Randy Spivey a expliqué qu’ils pensaient encore, lundi soir, qu’elle ne survivrait pas.
« Lundi soir, nous pensions que Christa était en état de mort cérébrale et que le maintien en vie serait arrêté le lendemain », a-t-il déclaré.
L’avocat a reconnu ne pas comprendre ce qui s’était produit pendant la nuit. Il a toutefois souligné que le rétablissement de Pike restait incertain.
« Je n’ai pas d’explication sur ce qui s’est passé entre lundi soir et mardi matin, mais ce que nous savons, c’est que Christa a un long chemin de rétablissement devant elle. »
Christa Pike peut parler, mais son état reste préoccupant
Selon ses avocats, Christa Pike s’est réveillée « contre toute attente ». Elle peut désormais parler, mais seulement de manière limitée.
Pike souffre d’une pneumonie et d’un caillot sanguin dans un bras. Elle ne peut pas avaler et n’a rien mangé depuis son réveil.
Pike reste également menottée à son lit d’hôpital. L’état de ses bras constitue une préoccupation majeure pour ses avocats.
Selon eux, au moins sept aiguilles ont été utilisées lors de la tentative d’exécution. À un moment donné, Pike aurait elle-même indiqué au personnel pénitentiaire où pratiquer une injection.
« Ses deux bras et ses mains sont extrêmement enflés et nous ne savons pas quelle fonction, le cas échéant, elle pourra retrouver dans ses bras », a déclaré Randy Spivey.
D’après ses avocats, les premières paroles de Pike auraient été : « Où suis-je ? » et « Qui êtes-vous ? » Elle a également demandé des nouvelles de son équipe juridique et de la famille de la victime.
Spivey a évoqué son état émotionnel depuis son réveil. Il estime qu’elle peine encore à comprendre sa situation.
« Je pense qu’elle est en colère et désorientée par rapport à tout ce qui se passe en ce moment », a-t-il déclaré.
Le Dr Joel Zivot, anesthésiste qui conseille l’équipe juridique de Pike, a également donné des précisions sur sa mémoire. Il a expliqué au Sun qu’elle ne se souvenait pas de son exécution.
« Elle n’a aucun souvenir de l’exécution en tant que telle, mais se souvient au moins d’avoir été patiente à l’hôpital sous respirateur », a-t-il déclaré.
Le Tennessee pourrait-il tenter de l’exécuter à nouveau ?
Selon le Dr Joel Zivot, la suite dépendra du rétablissement de Christa Pike. Ses avocats affirment que l’État n’a donné « aucune promesse » concernant l’absence d’une nouvelle tentative d’exécution.
Le médecin a notamment évoqué la possibilité qu’elle retrouve ses capacités neurologiques normales. Dans ce cas, elle pourrait de nouveau être confrontée à une exécution.
« Si Christa Pike retrouve ses capacités neurologiques normales, c’est-à-dire savoir qui elle est, où elle est et ce qu’elle a fait, alors elle fait certainement face à la perspective d’une nouvelle tentative d’exécution », a-t-il expliqué.
En revanche, selon le Dr Joel Zivot, des séquelles cognitives permanentes pourraient avoir des conséquences sur la possibilité d’une nouvelle exécution. Le médecin a ainsi distingué les conséquences possibles selon l’évolution de son état.
Les avocats de Pike avaient averti, avant l’exécution, qu’un tel échec pouvait se produire. La Cour suprême du Tennessee avait néanmoins rejeté leur argument concernant l’absence de dispositif de soins médicaux dans le protocole de l’État.
La juridiction avait estimé que l’État n’était « sous aucune obligation de tenter une réanimation ». Elle avait également qualifié les inquiétudes de Pike de « trop spéculatives ».
Les juges avaient par ailleurs souligné que le pentobarbital avait été utilisé dans plus de 100 exécutions « sans incident ». Ces arguments n’avaient donc pas empêché la tentative d’exécution du 30 septembre.
Ses avocats obtiennent la conservation des preuves
Mercredi, les avocats de Pike ont remporté une bataille judiciaire concernant les preuves de la tentative d’exécution. Ils ont obtenu leur préservation, notamment celle des médicaments, des lignes intraveineuses et des images de surveillance.
Cette décision pourrait ouvrir la voie à des poursuites judiciaires contre le Tennessee. La question d’une éventuelle nouvelle exécution reste également posée.
Pike est la première personne connue à avoir survécu à une injection létale de pentobarbital. D’autres condamnés ont toutefois survécu à des tentatives d’exécution pour des raisons différentes.
Parmi eux figure Tony Carruthers, dans le Tennessee. Dans ces autres cas, les exécutants n’avaient pas réussi à obtenir un accès intraveineux.
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