Abdul El-Sayed a remporté mardi l’élection sénatoriale dans le Michigan, devenant le premier musulman élu au Sénat américain. Le démocrate de 42 ans a battu le républicain Mike Rogers à l’issue d’une campagne marquée par des attaques personnelles. Lors de son discours de victoire, il a répondu aux critiques de Donald Trump et du vice-président JD Vance.
Abdul El-Sayed a remporté mardi 3 novembre l’élection au Sénat américain dans le Michigan. Le démocrate de 42 ans a battu l’ancien représentant républicain Mike Rogers.
Cette victoire lui permet de devenir le premier musulman élu au Sénat des États-Unis. Le scrutin figurait parmi les élections les plus suivies des élections de mi-mandat.
Lors de son discours de victoire, prononcé dans la nuit de mardi à mercredi, El-Sayed s’est adressé à ses partisans. Il les a remerciés pour leur soutien pendant la campagne.
« Vous avez donné sa chance au candidat le plus improbable. Vous m’avez accueilli dans vos foyers, vos églises, vos synagogues. »
Une campagne marquée par des attaques sur sa religion
Pendant la campagne, Abdul El-Sayed a fait l’objet de critiques de plusieurs adversaires politiques. Certaines attaques visaient notamment sa religion musulmane et son nom.
Donald Trump et le vice-président JD Vance ont également critiqué le candidat démocrate. Le président américain a notamment tenu des propos à son sujet lors d’un rassemblement électoral dans l’Iowa.
Dimanche, deux jours avant le scrutin, Trump a qualifié El-Sayed de « jihadiste ». Il a également affirmé que le candidat devrait passer au détecteur de métaux pour entrer au Sénat.
« Si vous votez pour ce jihadiste fanatique qui veut vous détruire, vous êtes fous », a déclaré Trump, selon The Guardian.
Le président américain a également qualifié El-Sayed de « communiste ». Il l’a par ailleurs présenté comme un membre des Frères musulmans égyptiens, une accusation non étayée par des preuves.
De son côté, Abdul El-Sayed a accusé ses adversaires de chercher à diviser les électeurs. Il leur a reproché de délaisser les préoccupations quotidiennes, notamment le prix de l’essence et des courses.
Médecin de formation, le démocrate a également critiqué la politique de Donald Trump et de son administration. Selon lui, les autorités fédérales n’ont pas suffisamment répondu aux difficultés économiques des Américains.
« Ils veulent une Amérique trop petite pour certains d’entre nous », a déclaré El-Sayed. « Nous savons que l’Amérique est assez grande pour nous tous. »
Une réponse à Trump sur le détecteur de métaux
Lors d’un rassemblement organisé sur le campus de la Western Michigan University, El-Sayed avait répondu aux propos de Donald Trump. Il avait notamment réagi à la remarque du président concernant le détecteur de métaux.
« Il a dit que je devrais passer au détecteur de métaux. Pas de problème, mec. Il a pris cette histoire de Wolverine au sérieux. Il sait que j’ai des griffes », a-t-il répondu.
Le candidat démocrate avait ensuite proposé un échange au président américain. Il acceptait de passer un détecteur de métaux à condition que Trump se soumette à un détecteur de mensonges.
« Mais voilà le marché, Donald. Écoute. Je passerai au détecteur de métaux si vous acceptez de passer au détecteur de mensonges. Simple. Je n’ai rien à cacher. Vous, vous avez tellement de choses à cacher », a ajouté El-Sayed.
Il avait ensuite évoqué Jeffrey Epstein, le financier condamné pour des infractions sexuelles et décédé en détention. Il faisait référence aux liens passés entre Epstein et Donald Trump, sans apporter de nouvelle accusation factuelle.
« Ma première question : Epstein. Deuxième question : avez-vous remporté l’élection de 2020 ? Voilà le marché. Je passerai au détecteur de métaux tous les jours. Vous passez au détecteur de mensonges une seule fois. C’est le marché. »
Abdul El-Sayed répond à JD Vance après sa victoire
Au cours de la dernière semaine de campagne, Donald Trump avait également tourné en dérision le nom d’Abdul El-Sayed. Lors d’un rassemblement, il l’avait notamment appelé « Mohammed ».
Après sa victoire, le démocrate est revenu sur ces attaques devant ses partisans. Il a évoqué son identité et sa place dans la société américaine avant de s’adresser au vice-président JD Vance.
« Habibi, il y a une délicieuse ironie dans le fait que vous soyez constitutionnellement obligé de me faire prêter serment en janvier », a-t-il déclaré.
Le terme arabe « habibi » est une formule affectueuse pouvant signifier « mon cher ». El-Sayed l’a employé dans sa remarque adressée au vice-président américain.
« Vous pourrez simplement m’appeler Sénateur »
Abdul El-Sayed s’est ensuite directement adressé à Donald Trump. Il a fait référence aux difficultés que le président avait semblé rencontrer pour prononcer son nom pendant la campagne.
« Donald, je sais que vous avez eu du mal avec mon nom. Alors, après que JD m’aura fait prêter serment en janvier, vous pourrez simplement m’appeler « Sénateur » », a déclaré El-Sayed.
Cette remarque intervenait après plusieurs échanges tendus entre le candidat démocrate et les dirigeants républicains. Elle concluait sa réponse aux attaques personnelles dont il avait fait l’objet pendant la campagne.
Au moment des informations rapportées, Donald Trump n’avait pas encore réagi publiquement à cette déclaration. Abdul El-Sayed doit prendre ses fonctions au Sénat en janvier.
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